Les opposants au référendum constitutionnel au Niger ont exigé mardi "la libération sans condition" d'un de leurs dirigeants interpellé lundi soir.
"Nous exigeons la libération sans condition de notre camarade Marou Amadou", a affirmé à la presse Moussa Kassey, un responsable du Front de défense de la démocratie (FDD) qui combat le référendum.
Pour Mamadou Issoufou, président du FDD et principal opposant au régime, M. Amadou a été interpellé lundi à 21H00 et "soumis à des interrogatoires par la police".
D'après lui, M. Marou, qui est le porte-parole du FDD et préside le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (FUSAD), est poursuivi pour "provocation à la désobéissance des forces de sécurité", "complot contre l'autorité de l'Etat" et "entreprise de démoralisation de l'armée".
"Ces chefs d'accusation sont sans fondements", a lancé M. Issoufou en rappelant que le FDD "n'use que de moyens légaux pour résister au coup d'Etat du président Tandja".
Un autre Collectif de défense des droits de l'homme (CODDH) a condamné son interpellation "arbitraire et abusive". Son président, Moustapha Kadi, a appelé la société civile, les partis politiques et les syndicats à se mobiliser pour obtenir sa libération "dans les meilleurs délais".
M. Kadi a appelé "la communauté internationale, la Communauté économique de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) et l'ONU notamment à constater "les violations graves des libertés fondamentales" et les "menaces graves qui pèsent sur les défenseurs des droits de l'homme au Niger".
Constitué de partis politiques, d'ONG et de syndicats, le FDD est un des trois fronts qui combattent le projet de référendum sur une nouvelle constitution que souhaite organiser le président Tandja pour briguer un troisième mandat.
Le FDD compte organiser le 4 juillet "une marche-meeting" à Niamey.
Lundi soir, le président Tandja a dissous la Cour constitutionnelle après lui avoir en vain demandé la semaine dernière de revenir sur son arrêt annulant le décret présidentiel sur le référendum.
Cette dissolution intervient tandis que le FDD a appelé à une "journée pays mort" mercredi, jour d'ouverture du sommet de l'Union Africaine en Libye.
COORDINATION POUR LA SAUVEGARDE DE LA DEMOCRATIE AU NIGER C.S.D / FRANCE